Les résultats cliniques d’un essai de phase III incluant 460 patients déjà traités par une ligne de chimiothérapie pour un adénocarcinome pancréatique métastatique, et dont la maladie progressait malgré la chimiothérapie de première ligne, ont permis de démontrer qu’un traitement oral par le daraxonrasib a doublé la survie en comparaison de la chimiothérapie de deuxième ligne. Le candidat-médicament freine l’action du gène RAS qui est un moteur clé de la croissance tumorale dans le pancréas.
Dans le cadre de l’étude RASolute 302 conduite par un laboratoire américain, sur les 460 malades participant à cet essai dans le monde, la médiane de survie atteignait 13, 2 mois pour ceux qui ont pris l’inhibiteur Pan-RAS, ce qui est 2 fois supérieur à la médiane de 6,7 mois observée chez les patients ayant reçu une deuxième chimiothérapie.
La partie française de l’essai, coordonnée par le Pr Pascal Hammel, chef du service d’oncologie digestive et médicale de l’hôpital Paul-Brousse (Institut du Cancer AP-HP. Université Paris-Saclay), a porté sur 60 patients suivis à Paul-Brousse, au CLCC Eugène Marquis de Rennes, à l’lnstitut Gustave Roussy et au CLCC Paoli Calmette de Marseille.
Ce résultat sur la survie est définitif, mais des données plus détaillées (taux de réponse, survie sans progression, toxicité…, etc.) seront présentées au congrès de l’ASCO (Société américaine d’oncologie clinique) le 31 mai prochain. Si le traitement sera rapidement disponible aux Etats-Unis dans cette indication, il ne devrait pas arriver avant 2027 sur le marché en Europe. D’autres essais cliniques vont débuter dans les prochains mois pour évaluer son intérêt en première ligne de traitement, mais aussi avec d’autres produits plus ciblés (ex. sur la mutation KRAS G12D).
Chaque année en France, 16 000 personnes sont touchées par le cancer du pancréas.
